Thème 2 : Pouvoirs, religions et représentations

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Pouvoirs, religions et représentations (Responsables : Stéphanie Huysecom-Haxhi et Dominic Moreau)

Depuis une décennie, l’unité s’est constitueé une solide réputation dans l’analyse des modalités d’organisation des pouvoirs, des pratiques religieuses et des systèmes de représentations, d’où la volonté de mettre l’accent, dans le cadre du présent quinquennal, sur des programmes fédérateurs incluant les recherches de plusieurs membres de l’équipe travaillant dans des domaines communs, mais dans des aires culturelles différentes et à partir de sources et d’approches variées. Le thème 2 apparaît ainsi comme un lieu idoine pour l’émergence de projets transversaux et pluridisciplinaires, qui pourraient tout d’abord prendre forme notamment dans le cadre de séminaires pluriannuels, de workshops ou de journées d’études thématiques, puis trouver des prolongements dans l’élaboration de nouveaux programmes de recherche. Les échanges et les relations entre chercheurs d’horizons différents dépassent également le seul champs du thème 2, dans la mesure où plusieurs programmes existants se trouvent reliés, par certaines questions qu’ils abordent, à des projets inscrits dans les autres thèmes proposés : les possibilités de réunir et de fédérer les membres de l’équipe sont donc multiples.

Les programmes développés dans le cadre du thème 2 concernent tout d’abord la vie religieuse qui est abordée selon des angles très différents et dans des aires chronologiques et géographiques diversifiées, allant de l’époque pharaonique jusqu’à l’antiquité tardive, et du Proche et Moyen-Orient jusqu’en Occident. L’exploitation des types variés de sources (textes, mobilier archéologique, supports de l’iconographie, architecture) débouche sur l’enrichissement et le renouvellement des connaissances sur divers pans de la recherche dans ce domaine. Plusieurs projets s’attachent à la vie et au fonctionnement des sanctuaires et lieux de culte : ainsi pour les projets sur l’architecture religieuse égyptienne avec l’étude de plusieurs temples, à Karnak, au Ramesseum et à Saï et sur l’architecture religieuse méroïtique, qui permettent de saisir certaines particularités de la fonction des édifices et des cultes célébrés, ainsi également pour les projets sur l’archéologie des sanctuaires et des cultes dans le monde romain, notamment à Pompéi ou dans les provinces romaines de Gaule, avec des recherches ciblées sur la définition des lieux sacrés, l’organisation et l’équipement des cultes, ou encore l’ordonnance architecturale, thématiques également envisagées dans le cadre de l’étude des sanctuaires hellénistiques de la Bactriane hellénistique. D’autres projets portent plus spécialement sur les cultes des divinités, comme ceux développés dans le cadre du programme sur la religion de l’Égypte gréco-romaine avec par exemple les travaux sur les cultes d’Osiris ou d’Apis, ou de Sobek, la fouille du site gréco-romain de Kôm Abou Billou, ou encore l’étude de l’iconographie divine au contact de l’hellénisme, ou encore celle des cultes de divinités iraniennes par les populations grecques installées en Iran et en Asie centrale. Les questions relatives à la nature, au contenu et au déroulement des rituels se fondent souvent sur l’analyse des vestiges archéologiques, mais aussi sur les sources textuelles. Les offrandes apportées dans les sanctuaires sont de ce point de vue assez révélatrices, même si elles demeurent d’une manière générale peu exploitées dans les études sur les pratiques religieuses : aussi le programme sur l’interprétation des ensembles votifs, constitués pour l’essentiel de terres cuites figurées, de vases céramiques, et de petits objets, mis au jour dans plusieurs sanctuaires du monde grec (sanctuaires d’Artémis à Thasos et à Dyrrhachion, sanctuaire de Kirrha et grotte des Nymphes à Coronée) pourrait-il apporter des données fondamentales pour la connaissance de certains types de rituels, en particulier ceux qui débouchaient sur la bonne intégration des jeunes dans la communauté des adultes. Cette catégorie des jeunes gens se trouve aussi au centre d’un autre projet, portant sur les institutions éducatives dans l’Athènes classique et hellénistique, et qui s’intéresse plus précisément au rôle de coureurs aux flambeaux assumé par les garçons lors de certaines fêtes athéniennes : ce rôle particulier sera étudié dans une perspective institutionnelle et anthropologique, à partir des sources épigraphiques et iconographiques. On soulignera que certains aspects de ces recherches sur les jeunes gens pourraient trouver des prolongements intéressants dans les programmes sur le genre développés dans le thème 3, avec la particularité de s’attacher au genre masculin.

Les recherches sur la vie religieuse ne se limitent pas aux seuls contextes votifs, mais concernent également le domaine funéraire avec ses rites, ses pratiques et ses gestes spécifiques. Les travaux de l’équipe reposent essentiellement sur les fouilles menées dans plusieurs nécropoles dans le Nord de la France à l’âge du fer (nécropoles laténiennes de la Civitas Nerviorum, à l’époque romaine et au haut Moyen Âge (cimetières mérovingiens à Marquette, Lesquin, Houplin-Ancoisne), ou en Italie aux époques tardo-républicaine et impériale (étude des nécropoles de Pompéi), mais aussi, en Égypte (site de Kôm Abou Billou, préservé depuis l’époque pharaonique jusqu’à l’époque byzantine). Les différents projets s’intéressent tout à la fois au faciès des nécropoles (structure, organisation spatiale, types de sépultures), aux activités rituelles pratiquées dans les espaces funéraires, aux gestes funéraires, aux comportements face à la mort. Il s’agit de proposer une approche novatrice des pratiques funéraires, en considérant les nécropoles comme des lieux de cultes où sont effectués certains rituels qu’il convient de caractériser à travers l’analyse du matériel retrouvé : ainsi pour la nécropole de Porta Nocera, ou bien pour les tombes de Gaule du Nord qui sont aussi des lieux de la représentation sociale et de la célébration du culte aux dieux Mânes. L’objectif de ces travaux vise à une meilleure compréhension des espaces, des usages et des rites funéraires à travers l’étude de l’ensemble des sources et des traces disponibles.

Une autre thématique largement développée au sein d’ Halma concerne les cultes des souverains ainsi que les systèmes de représentation des pouvoirs. Dans ce cadre, plusieurs projets s’attachent aux formes et à la nature des cultes dont les souverains pouvaient faire l’objet ainsi qu’au rôle que ces pratiques cultuelles ont pu jouer dans la définition et l’affirmation des identités culturelles : citons les projets portant sur les cultes des souverains à la basse époque hellénistique et à l’époque impériale romaine, sur les cultes dynastiques des royaumes hellénistiques, en Égypte ptolémaïque et romaine, ainsi qu’au Soudan (culture méroïtique), en Grèce et à Rome. Un autre pan de la recherche s’intéresse aux systèmes de représentation du pouvoir et aux modes d’expression idéologique des élites, avec pour objectif de poursuivre dans le présent contrat, les enquêtes portant sur les représentations des élites celtiques en Gaule du Nord (étude des images et de leur utilisation par les élites, étude des symboles possibles du pouvoir qu’on retrouve en particulier dans les tombes…) et celles sur les formes, les pratiques et les représentations du pouvoir impérial (à relier également au thème 3 : identité du prince à travers la rhétorique du discours, en mots et en images). Dans ce cadre, un croisement rigoureux des sources disponibles, épigraphiques (titulatures impériales, etc.), littéraires (discours d’éloge, etc.), iconographiques (statuaires…) et architecturales (à propos du fonctionnement concret des espaces privés et publics et de la notion de rituel politique), est susceptible de fédérer plusieurs enquêtes du laboratoire (programmes VAM, « les victimes de l’abolitio memoriae » ou Monumenta, « traces écrites et figurées de la mémoire dans le monde romain », qui réunissent plusieurs équipes françaises).

Signalons aussi qu’aux travaux sur l’Antiquité tardive, développés au sein du laboratoire depuis de nombreuses années (Code Théodosien, prosopographie chrétienne du Bas Empire ; séminaire régulier portant tout autant sur le droit que sur les pratiques politiques, sociales et symboliques de l’Empire tardif), viennent s’ajouter deux nouveaux projets : la prosopographie chrétienne des deux Illyricum, de la Thrace et de la Dacie ; l’organisation et la topographie des évêchés bas-danubiens aux IVe-VIIIe siècles, avec l’étude des cas de sites.

1. FORMES ET MANIFESTATIONS DU POUVOIR

  • Le culte des souverains à l’époque hellénistique tardive et à l’époque impériale
  • Pouvoir et représentations dans le monde romain impérial
  • La transformation des états à l’époque hellénistique
  • Le Code Théodosien

2. PRATIQUE ET TRANSFERTS SOCIO-RELIGIEUX

  • Figurines en contexte : de l’identification à la fonction
  • Devenir adultes-citoyens : initiation et rites d’intégration des jeunes gens en Grèce ancienne
  • Religions en contact

3. PERMANENCES ET MUTATIONS DES INSTITUTIONS

  • La transmission des dispositions juridiques et canoniques de l’Antiquité tardive : entre Bas-Empire et Moyen Âge
  • Prosopographie chrétienne des deux Illyricum et des Thraces
  • Organisation épiscopale et topographie chrétienne dans le Bas-Danube aux IIIe-VIIIe siècles. Études de cas
  • Séminaire [d’Histoire romaine] et d’Antiquité tardive
  • Les séminaires « Lille [Halma, STL]-Gand »
  • Séminaire « Constantinople dans l’Antiquité tardive »
  • Programme Antiquitas posterior (MESH)

4. HISTOIRE ET LIEUX DE MÉMOIRE

  • Mémoire et Histoire
  • Monumenta